

Bienvenue à tous pour la nouvelle représentation théâtrale du Jardin d’Orante. Dans le rôle du héros ce mois-ci, merci de faire une ovation au légume hivernal par excellence : le poireau. Ce mois-ci, ce légume aux allures décoiffées ne sera plus le vilain petit canard du jardin. Donnons-lui une place de choix au sein de nos assiettes et mettons en lumière ses atouts et ses bienfaits.
Les feuilles, le fût et le bois :
Le poireau, sous ses aspects frigides, dissimule trois parties élégantes. Premièrement, les feuilles, exubérantes, élancées et aux couleurs d’émeraude, habillent chaudement son corps svelte pour affronter le froid de l’hiver. Son cœur tendre, quand à lui, est plus discret. D’un blanc pur, il répond au doux nom de « fût ». Cette délicate extrémité est d’ailleurs celle que l’on préfère croquer !
Enfin, le trésor caché en son centre renferme une zone parfois rigide appelée « bois ». Le poireau est un légume-bulbe très résistant au froid. Egalement appelé l’ « asperge du pauvre », ce légume est principalement cultivé en Loire Atlantique, dans le Nord et dans le département de la Manche. D’octobre à mars, récoltez et cuisinez-le à votre guise. Le poireau s’adapte, se transforme et donne du goût à toutes vos préparations culinaires.
Bienfaits :
Acteur de renommé sur les planches du théâtre « Nutrition », le poireau cultive sa forte teneur en vitamines et minéraux pour faire de son jeu d’acteur une véritable œuvre d’art à chaque repas. Faible en apport calorique (27kcal/100g), le poireau protège et prévient. Sa richesse en provitamine A et en vitamines C et E, lui confère un effet protecteur anti-oxydant sur nos cellules. Reconnu pour ses propriétés diurétiques, il agit de manière indéniable sur l’élimination rénale et est régulièrement indiqué en cas de cystite. Parallèlement, sa forte teneur en fibres lui permet de régulariser le fonctionnement intestinal. Il est également dit que l’eau de sa cuisson donnerait de jolis reflets aux cheveux bruns. A vérifier…
Originaire du Proche-Orient, le poireau était déjà cultivé en Egypte où, selon les dires, le pharaon Kheops offrait des bottes de poireaux à ses meilleurs guerriers. La Rome Antique lui confèrera également un statut particulier. Selon la légende, l’empereur romain Néron, dit le porrophage, en consommait plusieurs fois par jour afin d’éclaircir sa voix et de calmer sa toux. Néanmoins, c’est en Grande Bretagne que l’ « asperge du pauvre » atteignit son apogée en devenant le légume national gallois. L’anecdote raconte que Saint David, saint patron du pays de galles, ordonna à ses soldats en guerre contre les Saxons, d’en porter un en guise de signe distinctif.
L’histoire contemporaine, beaucoup plus légère, nous apporte, quant à elle, de « jolies » expressions. C’est ainsi qu’au XIXème siècle apparaissent des expressions comme poireauter, faire le poireau ou planter son poireau. Elles signifient une attente longue et vaine en rapport avec le statut imagé du poireau planté bien droit et immobile.
Bien loin de l’argot apparut quelques années plus tard où le poireau désignait le pénis, ces expressions n’avaient alors aucune connotation érotique. (Oserais-je alors citer la plus poétique d’entre elles : s’astiquer le poireau désignant la masturbation masculine.)

Pour les jardiniers en herbe :
Les poireaux peuvent se trouver en jardinerie sous deux formes : en godets ou en bottes. La période de semis du poireau s’étale de mi-janvier à mi-septembre.
Dans un premier temps, préparez un terrain bien exposé à la lumière du soleil. La terre se doit d’être soigneusement ameublie (labourée). Les poireaux se plaisent dans une terre riche en matière organique et bien illuminée. N’hésitez pas à rajouter du compost.
Préparez les plants en coupant les racines à 2 cm de longueur environ. Supprimez également de la longueur du plant lui-même : 7 cm feront l’affaire !
Enfin, faites un trou d’une quinzaine de cm de profondeur, plongez-y le plant jusqu’à sa partie verte. Tassez la terre autour. Veillez à espacer chaque plan d’une quinzaine de cm. Arrosez bien et récoltez à l’automne suivant !
Sélection, consommation et conservation :
Qu’il soit fin ou épais, choisissez-le poireau bien frais, de couleur vive, d’aspect plutôt lisse et au feuillage dynamique. Sa conservation peut durer 5 jours au réfrigérateur. Une fois cuit, il ne se conservera que 2 jours maximum dans un récipient fermé. La solution pour parer à cette faible conservation est de le placer au congélateur.
La petite astuce : prédécoupez le, blanchissez-le quelques minutes à l’eau bouillante, laissez refroidir, égouttez-le et conservez-le au congélateur dans un sachet à congélation. Vous n’aurez plus qu’à le décongeler la fois suivante pour le cuisiner à votre guise !
Sa consommation, quant à elle, est large et variée. Qu’il soit cuit à la vapeur, à l’eau ou en sauce, le poireau peut se déguster froid en vinaigrette ou chaud en accompagnement, en gratin, … Le poireau est également excellent en tarte. Pour réussir, à la manière de votre grand-mère, l’inoubliable tarte aux poireaux et ses petits lardons, braisez-le en le faisant fondre à feu doux avec un peu de beurre.
Astuces culinaires :
(*) Pour préparer une flamiche, cuire du blanc de poireau en fines rondelles dans du beurre. Verser la préparation sur une pâte feuilletée préalablement étalée dans un plat à four. Faire revenir à sec quelques tranches de bacon dans une poêle et les ajouter à la préparation. Battre des jaunes d'œuf avec un œuf entier, ajouter de la crème fraîche, de la noix muscade, du sel et du poivre, et verser sur les poireaux. Cuire une demi-heure au four avec un peu de fromage râpé au dessus. Le tour est joué !

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